Le syndrome d’Asperger

Le syndrome d’Asperger… Si son nom est de plus en plus connu du grand public, ce qu’il définit est moins répandu.

Prenons donc le temps de revenir sur ce fameux syndrome et ses particularités.

Nous avons par ailleurs précédemment revu une définition générale des troubles du spectre de l’autisme dans l’article associé disponible ici, n’hésitez pas à y jeter un œil !

Pourquoi parle-t-on de syndrome « d’Asperger » ?

Tout simplement parce que le théoricien ayant découvert cette condition était nommé Hans Asperger. L’histoire aurait pu être bien différente si ce même théoricien s’était appelé Lustucru, dont l’histoire est tout aussi passionnante, mais complètement hors-sujet.

Hans Asperger (1906-1980) était un psychiatre autrichien ayant eu un rôle majeur dans l’étude de l’autisme, ayant publié tout au long de sa carrière plus de 350 textes sur le sujet.

Le terme de « syndrome d’Asperger » a été utilisé pour la première fois en 1981 par la psychiatre britannique Lorna Wing (1928-2014), lors de la réactualisation des travaux de Hans Asperger de 1943 très peu diffusés depuis lors.

L’homme derrière le syndrome qui porte son nom est assez fascinant, nous pourrons revenir plus en détail sur sa vie et ses travaux dans un futur article.

Hans Asperger, Vienne, 1971

Qu’est-ce que le syndrome d’Asperger ?

Pour rester simple, il s’agit d’une forme d’autisme sans déficience intellectuelle et sans retard dans l’apparition du langage. Ce dernier point n’est d’ailleurs pas toujours retenu dans le diagnostic, certaines exceptions pouvant survenir (dont votre serviteur).

Comme tous les troubles du spectre de l’autisme, le syndrome d’Asperger est caractérisé par des difficultés significatives dans les interactions sociales, associées à des intérêts spécifiques ou des comportements répétitifs.

La différence avec d’autres formes d’autisme est déterminée principalement par l’absence de déficit intellectuel (les autistes Asperger peuvent même être diagnostiqués haut potentiel intellectuel, même si pas systématiquement) et de retard (ou d’altération) dans l’apparition du langage. Encore une fois, ce dernier point n’est même pas systématiquement considéré et le diagnostic est posé en se basant sur de nombreux tests et critères spécifiques dont je ne donnerai pas le détail ici, principalement parce que c’est un sujet extrêmement dense et complexe et que je ne possède pas les informations adéquates pour en parler avec certitude.

Ce syndrome est souvent associé à une maladresse physique et à une utilisation inhabituelle de la parole, bien qu’elles ne soient pas toujours retenues pour le diagnostic (encore une fois, certaines exceptions peuvent survenir).

Si la cause de ce syndrome n’est pas forcément bien établie, de plus en plus d’éléments semblent indiquer majoritairement une cause génétique.

Quelles sont les particularités visibles chez un autiste Asperger ?

Plusieurs caractéristiques sont visibles ou audibles chez un autiste Asperger, dont voici quelques exemples :

  • Des difficultés dans les rapports sociaux, occasionnant souvent une préférence à l’isolement et l’entretien de peu de relations amicales (la qualité des rapports prime sur la quantité).
  • Un intérêt particulièrement intense et profond pour un ou plusieurs domaines, que l’on qualifie sous le terme « d’intérêts restreints ». Il n’y a pas de domaine vraiment spécifique concerné, même si on constate une plus grande proportion dans les domaines liés aux sciences et aux technologies, à la nature ou à la création artistique (dessin, photographie, écriture, etc.)
  • Une hypersensibilité, que ce soit aux bruits, aux sons, aux odeurs, à la lumière vive, aux températures et à la pression atmosphérique, ou tout en même temps pour les plus « chanceux » (dont je fais moi-même partie).
  • Une élocution particulière est audible, avec un ton de voix monocorde et uniforme, un débit de parole et une hauteur de voix inhabituels et un vocabulaire très riche et formel utilisé même à l’oral.
  • Une propension plus prononcée aux routines répétitives.
  • Une maladresse physique conséquente peut également être observée chez certaines personnes, mais ce défaut peut être corrigé avec de l’entraînement.

D’autres particularités sont visibles au cas-par-cas, cette liste n’est donc pas exhaustive.

Il parait important également de souligner que beaucoup de personnes, y compris des scientifiques et experts de santé, pensent qu’il vaut mieux parler ici d’une « différence » plutôt que d’un handicap à proprement parler, certaines limitations étant souvent associées à des compétences visibles et parfois supérieures à la moyenne, notamment dans les centres d’intérêt restreints.

Petite parenthèse personnelle, même si je suis assez d’accord avec ce constat à certains niveaux, j’ai eu à surmonter de très nombreuses difficultés tout au long de ma vie qui ont clairement été handicapantes à mon échelle, ce qui me rend assez sceptique sur le fait qu’il ne s’agisse que d’une simple différence sans aucune conséquence négative associée.

Pour cette raison, je choisis souvent de couper la poire en deux et j’ai plutôt tendance à trouver un compromis en disant qu’il s’agit effectivement d’une différence, dans la mesure où cette condition ne nécessite pas de traitement médicamenteux ou d’être guérie à proprement parler, mais une différence avec des limitations handicapantes présentes et pour lesquelles une aide (notamment via une approche comportementale) peut être bénéfique, voire nécessaire pour les troubles les plus sévères.

De futurs articles reviendront sur certains aspects de cette liste plus en détail, restez aux aguets !

Quels outils sont disponibles pour aider les personnes autistes Asperger ?

Une fois le diagnostic posé, il existe certains outils pouvant permettre d’améliorer la vie des personnes porteuses du syndrome d’Asperger, principalement axés sur l’amélioration des difficultés et sur des stratégies compensatoires.

Ces outils incluent des séances de psychanalyse et de psychothérapie, de la méditation, de la thérapie animale ou des groupes de parole avec des personnes porteuses du syndrome d’Asperger et/ou leurs proches.

L’un des outils que je recommande néanmoins et qui a prouvé son efficacité, non seulement sur moi, mais également sur d’autres personnes concernées selon cette étude (parmi d’autres), reste la Thérapie Cognitive et Comportementale, ou TCC.

Je profite d’ailleurs de l’occasion si le sujet vous intéresse pour consulter l’excellent livre Intervention cognitivo-comportementale auprès des enfants et des adolescents, tome 2, dont vous pourrez trouver un extrait via la lien cliquable. C’est un bébé assez conséquent et parfois indigeste si vous n’êtes pas bien fan des publications scientifiques, mais il y a énormément de données intéressantes dedans !

Nous reviendrons plus en détail sur la TCC dans un futur article, c’est en effet un sujet très fourni où il y a beaucoup à dire.

En conclusion

Les personnes porteuses du syndrome d’Asperger ont bien évidemment des faiblesses plus ou moins prononcées qui peuvent devenir handicapantes au cours de leur vie, mais celles-ci sont souvent compensées par leur capacité d’adaptation et d’apprentissage ainsi que par leur investissement supérieur à la moyenne dans leur(s) centre(s) d’intérêt restreint(s), où elles s’épanouissent et montrent des performances remarquables.

Certaines faiblesses sont bien évidemment parfois difficiles à porter et à supporter, mais l’autisme n’étant plus autant stigmatisé qu’autrefois, il y a des raisons d’être heureux et même fier d’avoir la chance de pouvoir bénéficier d’un diagnostic à notre époque, dans la mesure où cela peut permettre de mettre des mots sur cette différence, et de pouvoir s’apprécier plus facilement soi-même.

Le sujet est bien évidemment très dense et fera l’objet d’autres articles, n’hésitez pas à consulter la liste des articles disponibles sur le site si vous souhaitez en savoir plus !