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On ne présente plus Breath of the Wild. Il faut dire que ce jeu a eu un impact absolument considérable sur le monde du jeu vidéo lors de sa sortie simultanée avec la Nintendo Switch le 3 mars 2017, il y a déjà presque dix ans (aîe !).
Bilan des courses : des critiques absolument dithyrambiques, des ventes phénoménales (33,84 millions d’unités vendues sur Switch au 31 mars 2026) et une recette tellement efficace qu’elle a donné lieu à une suite encore plus géniale (à mes yeux) en 2023 et à plusieurs spin-offs « Musō », qui auront aussi droit à leurs tests plus tard, parce qu’il y a beaucoup à dire également.
Un raz-de-marée absolument dantesque à l’époque, lui valant également de remporter pas moins de trois prix aux Game Awards 2017 (l’équivalent vidéoludique des Oscars du Cinéma, pour résumer grossièrement) respectivement dans les catégories « Meilleur Jeu Action/Aventure », « Meilleure Réalisation » et « Jeu de l’Année », rien que ça.
The Legend of Zelda étant très probablement ma licence de jeu vidéo préférée sur bien des points, je suis particulièrement heureux de pouvoir dédier ce premier test à l’un des opus les plus ambitieux de cette saga.
Breath of the Wild, kézako ?
Pour qui n’est pas familier avec le jeu ou l’univers de Zelda en général, Breath of the Wild prend place dans un univers fantastique sensiblement similaire à l’Europe médiévale (avec certains éléments un peu plus futuristes), dans un royaume du nom de Hyrule, qui semble avoir été frappé par un mal inconnu et ne contient guère plus que des ruines.
Un guerrier amnésique du nom de Link se réveille de ce qui semble être un long sommeil et doit tenter de comprendre pourquoi et comment. Un vieil homme mystérieux va faire sa connaissance et lui en apprendre plus sur son passé et sur les raisons du déclin du royaume, ainsi que sur les moyens de redonner au royaume sa gloire passée. Un outil d’une civilisation ancienne va par ailleurs se révéler fort utile pour explorer les différentes régions de cet univers et surmonter les obstacles qui se dresseront sur la route de Link.
Voilà pour le postulat de départ. Une fois cette partie faisant office de prologue et de tutoriel terminée, vous avez la possibilité de faire sensiblement ce que vous voulez par la suite. Le jeu est pensé pour être un open-world dans le sens le plus brut du terme, dans la mesure où vous pouvez tout à fait si vous le désirez aller affronter l’antagoniste faisant office de boss final dans la première demi-heure de votre partie, même si vous risquez bien évidemment de le regretter amèrement par manque de préparation, tout du moins lors de votre première partie.
Vous pouvez également choisir de suivre le fil rouge permettant d’en apprendre plus sur l’histoire et la mythologie de cet univers, et même ce faisant, vous aurez la possibilité si vous le souhaitez de visiter certaines régions dans l’ordre que vous désirez. Vous êtes absolument maître de vos déplacements et de comment vous souhaitez organiser votre aventure. L’histoire est relativement minimaliste pour cette raison et le choix y est totalement assumé afin de vous permettre de planifier votre voyage exactement comme vous l’entendez, sans vous imposez vraiment de façon de procéder, hormis à certains moments clés du scénario principal.
Et c’est un point qui divisera beaucoup de monde, notamment pour les personnes qui préfèrent avoir une aventure plus linéaire ou en tout cas un peu plus structurée. Breath of the Wild est un de ces jeux qui récompense et encourage l’exploration, et même si certains indices sont donnés afin d’avoir une vague idée de la marche à suivre dans l’hypothèse où on ne saurait plus quoi faire pour avancer dans l’histoire, le jeu ne tient pas le joueur par la main et l’encourage à chercher une solution par lui-même.
Par conséquent, ce point peut être encore une fois considéré comme un avantage ou un inconvénient majeur selon votre degré de patience et votre besoin de structure. Le tout reste selon moi suffisamment bien géré pour ne jamais être réellement frustrant (à ce niveau du moins), mais c’est une affaire de patience et de si vous en avez vite marre dès qu’une énigme traîne un peu trop en longueur à votre sens.

Une vraie aide à la relaxation et à la concentration
Malgré tout, et pour peu qu’on soit réceptif à se laisser porter par une exploration sans but précis, le jeu regorge de choses à faire, que ce soit une quête secondaire obtenue en se baladant au hasard, un ingrédient jamais obtenu jusqu’alors, un cheval dont la robe piquera votre intérêt de collectionneur ou un ennemi croisant votre route et votre envie d’en découdre… Les occasions ne manquent pas pour se perdre à la fois dans le paysage et dans vos pérégrinations.
Comme un cheminement de pensée profondément logique, chaque chose a sa place pour une raison, et vous tomberez toujours sur une occasion de vous dire « C’est plutôt bien pensé en terme de game design ». Le cheminement de vos actions s’emboîtera quasiment toujours à la perfection, même lorsque vous vous contentez de flâner sans but précis, et c’est un vrai plus pour aider à maintenir une concentration intense active et stimulante, en douceur.
Tout du moins, dès lors que vous évitez certains combats, notamment au tout début du jeu. Breath of the Wild est en effet particulièrement punitif à ce niveau et ne vous fera pas de cadeau. Si vous choisissez d’explorer sans vous soucier de cet aspect, vous avez néanmoins la possibilité de voir d’assez loin les éventuels ennemis présents aux alentours, ce qui vous permet également de les contourner directement, ou bien de planifier votre angle d’attaque si vous préférez éviter l’affrontement direct, le jeu proposant un système d’infiltration assez poussé si vous préférez ce type de gameplay.
Pour le reste, chacun peut s’impliquer dans ce qui lui parait le plus amusant sur le moment. Breath of the Wild est un jeu qui a depuis été copié ou tout du moins a été une source d’inspiration certaine pour beaucoup de jeux ultérieurs parce qu’il a complètement révolutionné le petit monde des jeux dits « open world », comprenez ici les jeux où le joueur est en mesure de parcourir librement un monde virtuel, sans barrières artificielles telles que des murs invisibles bloquant la progression ou des écrans de chargement cassant le rythme.
Vous désirez attraper le cheval le plus beau et/ou avec les meilleures statistiques ? Vous être plutôt du genre à vouloir faire construire votre propre maison par un gang d’artisans plutôt haut en couleur ? Ou peut-être préférez-vous tenter de récupérer toutes les tenues disponibles dans cet univers et les teindre différemment afin de vous donner un style bien à vous ? Vous pouvez faire tout ça et bien plus encore, et sans aucune limitation ou sans que le jeu vienne vous donner un rappel régulier pour avancer sur la quête principale.
Votre aventure, vos règles. Vous choisissez pleinement comment votre temps de jeu sera le plus amusant en fonction de vos goûts.
Breath of the Wild est de plus un jeu totalement solo, il n’y a par conséquent besoin d’aucune interaction sociale avec d’autres joueurs, que ce soit en local ou en ligne.

Quid des éléments visuels / auditifs et des options de personnalisation ?
Sur ce point, Breath of the Wild possède effectivement des points négatifs pouvant altérer légèrement l’expérience de jeu, notamment avec des effets de lumière vive assez intenses par moment (particulièrement pendant les combats, contre les boss et certains ennemis spécifiques à plusieurs pattes entre autre), qui peuvent s’avérer gênants pour certains.
Si l’on met de côté ces passages-ci, le jeu est plutôt agréable et très peu agressif à l’œil, la direction artistique ayant opté pour un design rappelant les peintures à la gouache, avec des jeux de lumière plutôt discrets et des couleurs douces plutôt qu’un contraste élevé et criard. Un choix plutôt audacieux comme l’a été à l’époque la DA de The Legend of Zelda : The Windwaker sur GameCube, injustement décriée à l’époque mais qui a su traverser les années et qui a retrouvé grâce auprès de nombreux joueurs avec le temps.
Si vous possédez une Switch 2 et que vous achetez la version dédiée ou mettez à jour votre version Switch via la mise à niveau payante d’une dizaine d’euros, notez également que la résolution et la fréquence d’image sont considérablement augmentées pour un résultat encore plus agréable à l’œil, notamment en mode TV. Si vous avez le choix, je recommande de jouer avec ces conditions pour l’expérience la plus agréable possible.
La musique, d’ordinaire très en retrait (quelques notes de piano toutes douces accompagnant ça et là nos vagabondages) a aussi ses moments plus épiques et orchestraux (notamment pendant les boss), mais également un thème bien particulier qui fera dresser les cheveux sur votre tête dès que vous l’entendrez, avec des notes de piano stridentes et rapides en guise d’introduction. Les personnes ayant joué savent bien entendu de quoi je parle, ce thème est spécifique aux ennemis à plusieurs pattes que j’ai mentionnés ci-dessus répondant au doux nom de Gardiens.
Ils sont sans nul doute l’un des éléments les plus stressants de cet opus, redoutables y compris une fois le jeu bien avancé, la prudence est de mise et il est vivement recommandé d’éviter autant que possible ces ennemis si vous n’êtes pas préparés convenablement et/ou que vous ne savez pas comment gérer leurs points faibles efficacement.
Malheureusement, Breath of the Wild ne propose pas énormément d’options de personnalisation graphiques et auditives, la majeure partie des choses modifiables étant liée directement au gameplay (inversion des axes X et Y, vitesse de sensibilité de la caméra, masquer une partie des informations visibles à l’écran en jeu, etc.).
Il est possible de modifier la langue de doublage audible en jeu, mais il n’est pas possible de contrôler directement le volume global sans passer directement par le volume de la télévision. Idem pour les éventuels filtres à appliquer (lumière chaude, mode jeu, mode cinéma, etc.) qui devront être paramétrés directement via votre téléviseur (si compatible et inclus avec votre téléviseur).

Conclusion globale
On ne va pas y aller par quatre chemins, The Legend of Zelda : Breath of the Wild est un immanquable, ni plus ni moins, et je défie même les plus cyniques de nier l’impact certain qu’il aura eu sur l’industrie vidéoludique entière depuis sa sortie. Est-il objectivement parfait ? Probablement pas, notamment quand on sait qu’une suite directe sortie quelques années plus tard a repris les codes mis en place afin de les sublimer et de fournir une aventure encore plus riche et avec encore plus de liberté offerte.
Nous reviendrons à l’avenir sur The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom, qui est très probablement à l’heure actuelle mon jeu préféré toute génération confondue, et reste aujourd’hui pour moi l’une de mes plus grande claques vidéoludiques.
Ceci mis de côté, Breath of the Wild est une valeur sûre pour tout joueur un minimum honnête qui ne jure pas que par les graphismes photoréalistes à la pointe de la technologie et mérite pleinement l’attention de quiconque s’intéresse de près ou de loin aux jeux vidéos.
Conclusion d’un point de vue neurodivergent
Le constat est un peu plus nuancé ici et dépendra principalement de votre résilience à certains stimuli potentiellement stressants.
La très grande majeure partie de votre temps de jeu sera plutôt calme et adaptée à vos choix et à votre rythme, pour peu que l’exploration sans but précis soit votre tasse de thé, et permettra aisément de déconnecter du monde extérieur et de rentrer plus facilement « dans sa bulle ». Néanmoins, certains événements liés à l’histoire principale et à un certain type d’ennemis (coucou les Gardiens !) peuvent être perçus comme agressifs et potentiellement effrayants, notamment pour un public plus jeune.
Le jeu reste malgré tout très doux pour les yeux et les oreilles en règle générale et le fait qu’aucune règle sociale ne soit imposée via son mode de jeu en solo exclusivement et sa capacité à induire un état de concentration intense en fait selon moi un très bon candidat pour une personne autiste. Veillez simplement à ne pas trop vous perdre dedans et à mettre une alarme pour vous rappeler de faire des pauses régulières si nécessaire !
Note globale : 9/10
Note neurodivergence : 8/10

